Bienvenue dans un bateau familial qui prend l’eau de partout dans les courants de la vie. Mais attention, pas n’importe quelle eau ! Le genre à démarrer à 15°C et à finir à 40°C. Pourtant la croisière avait débuté sous les meilleurs auspices. Un homme et une femme tombés amoureux très jeunes, une longue période de joie et de fêtes puis l’arrivée de deux enfants, un garçon et une fille. Rien que de très normal au fond jusqu’à ce que le bateau accueille à son bord une cinquième personne, pas vraiment prévue celle-là.
Mais qu’à cela ne tienne ! Tout le monde l’accepte, le passager clandestin se veut bienveillant, et surtout il a une envie forte de mettre toujours de la bonne humeur sur le pont. Puis le copain de table devient vite encombrant, prend de plus en plus de place jusqu’à éclipser tout le monde dans la famille et faire ressortir les parties les plus sombres des relations humaines. Pour le gentil équipage, le bateau devient alors galère dans une course éreintante à la vie au cours de laquelle la croisière sombre peu à peu dans l’un des plus gros tabous de notre société. Dans cet alcoolisme caché que tout le monde voit mais que beaucoup taisent.
Cette famille normale qui a fini par perdre pied c’est la mienne. Mais cela aurait pu en concerner bien d’autres car si vous n’avez pas été vous-mêmes sur ce genre de bateau vous l’avez sans doute vu passer. À faire coucou peut-être encore au capitaine depuis le bord de mer dans une parfaite inconscience ou non du mal insidieux qui s’y trouvait… Aujourd’hui mon bateau a fini par accoster et j’ai une histoire à vous raconter. Pas seulement la mienne mais aussi peut-être la vôtre. Celle que nous sommes nombreux à partager sans oser parfois le dire ou le reconnaître.